Bordeaux, France
Lucile Berthomé
Planning stratégique · Sémiotique · Packaging
L'essentiel se joue
dans ce que nous ne regardons
plus.
Ces signes devenus évidents, ces mots que plus personne ne discute, ces formes que nous reprenons sans y penser. C'est là que j'enquête, pour en tirer des insights sociétaux et des stratégies situées, qui résonnent avec leur époque.
Fig. 01 — quelqu’un s’arrête, sans savoir pourquoi
Entre ce qu'une marque émet
et la manière dont elle est reçue, il y a un écart.Mon travail consiste à l'anticiper.
Savoir comment vos signes seront lus, par qui, à côté de quoi, et ce qu'ils engagent avant que personne ait eu le temps de les expliquer.
Ce que ça produit : un territoire, des axes, et un brief que les créatifs peuvent tenir.
Fig. 02 — le prix, en toutes lettres
Un flacon en verre épais avec une étiquette écrue dit la région, le fait main, le temps qu'on prend à cuisiner. Personne ne l'a écrit, et pourtant ça se lit.
Cette évidence n'a rien de naturel. Elle est le produit d'une histoire, celle d'un pays, d'une classe, d'un milieu, d'une génération.
Défaire ces évidences, comprendre d'où elles viennent, et savoir en fabriquer d'autres.
Ce qui ne se déclare pas disparaît du champ.
Une femme hésite devant un rayon, repose un produit, en reprend un autre, hésite encore. Un retraité s'assoit tous les matins sur le même banc d'une gare sans jamais prendre de train.
Fig. 03 — cuisine, la nuit
Ces gestes échappent aux sondages, débordent les panels, passent sous le seuil. Non pas parce qu'ils sont insignifiants, mais parce qu'ils ne rentrent pas dans les formats qui organisent aujourd'hui la compréhension des publics. À force d'agréger, on finit par tenir pour connu ce qu'on a simplement cessé de regarder. Ce qui ne se déclare pas cesse d'exister pour l'analyse. Ceux et celles qui ne rentrent pas dans les catégories aussi.
C'est cet angle mort qui m'intéresse. Un bruit de fond que plus personne n'écoute – le réfrigérateur qui tourne, le café qui passe, une conversation à la table d'à côté, une porte qui claque à l'étage. Rien d'exceptionnel. Et pourtant, c'est là que se fabrique une grande part du réel.
Les signes fonctionnent de la même manière. Une couleur qu'aucune réunion ne discute, une typographie reprise parce qu'elle a toujours été là, un mot qui semble aller de soi. C'est une histoire qu'on a cessé de raconter.
Ignorer ces signes, c'est concevoir des stratégies qui manquent leur objet. C'est pour cela que Bruit Blanc existe. Aller chercher ce grain, et le ramener là où les décisions se prennent.
« Pour "raconter la vie", la nôtre, aujourd'hui, c'est donc sans hésiter que j'ai choisi les hypermarchés. » — Annie Ernaux, Regarde les lumières mon amour
Depuis plus de sept ans, je fais du planning stratégique en indépendante, avec une approche socio-sémiotique, pour des marques, des agences et des instituts d'études.
Alimentaire et grande distribution, santé, beauté, banque et assurance, services publics, restauration, transport. En recherche, l'urbanisme, les mobilités périurbaines et la transition alimentaire.
Après quelques années en agence de communication et en cabinet de conseil marketing, je suis devenue docteure en sciences du langage, thèse soutenue en 2023. Je poursuis mes recherches au laboratoire MICA, à l'université Bordeaux Montaigne.
Mes recherches portent sur la façon dont les récits collectifs participent à configurer nos pratiques ordinaires. Je me suis d'abord consacrée à la ville et aux zones périurbaines, à ce que les imaginaires font aux manières d'habiter. Je travaille à présent sur l'alimentation, et en particulier sur ce que le mythe de la viande fait à la transition alimentaire et à la marge de manœuvre des marques végétales.
En parallèle, j'ai enseigné pendant cinq ans à l'université, en école d'art et en IUT, et je continue à donner des cours ponctuellement.
bruit blanc
Bordeaux, France
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